En décidant, de retour d'Algérie fin juin 1962, de m'implanter avec ma grande famille à Carnoux, un simple lieu-dit, seul l'idéal avait prévalu. Vouloir créer une ville, - à partir d'une terre ingrate, aux proportions territoriales restreintes, à cheval sur deux communes et sur deux cantons différents - relevait de l'imaginaire. Pour autant, dès 1964 la première pierre de l'église, dédiée à Notre-Dame d'Afrique, était posée. Deux ans plus tard, au terme d'une campagne aussi judicieuse qu'opiniâtre, " Carnoux-en-Provence " était décrétée commune de plein exercice et rattachée au canton de La Ciotat. Très tôt les badauds affluèrent à la découverte de la " ville des Rapatriés " tandis que d'autres venaient à la recherche d'amis " de là-bas ". Puis les fidèles à la Vierge Noire apparurent, notamment le quinze août, jour de l'Assomption.
Accueillir les visiteurs, recevoir les pèlerins, deux raisons premières qui devaient aboutir, en 1984, à la création de l'Association " Carnoux Racines ". Pour celles et ceux qui méconnaissaient ces deux raisons, créer une association de Français d'Afrique du Nord là où ils étaient réputés se trouver en majorité, pouvait certes paraître paradoxal. Vingt ans après, " Carnoux Racines ", qui a largement dépassé les limites régionales, se porte bien. Quelque 2600 adhérents, citoyens de Carnoux mais aussi d'ailleurs, " Rapatriés " ou pas, participent peu ou prou aux multiples activités de l'Association. Sans oublier d'où nous venons, nous poursuivons notre marche vers la Lumière.
MELCHIOR CALANDRA, président


CARNOUX RACINES s'inscrit dans la durée...
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